Olyver Huguet
& Yannik Letort
Un regard nostalgique sur le Gstaad d’autrefois
TEXT: HANS-UELI TSCHANZ
BILDER: RAPHAEL FAUX
Par leur profession, leur activité et leurs liens avec le monde des stars, ils symbolisent le Gstaad d’autrefois: le Gstaad mondain, ce lieu où traditionnellement la presse de boulevard prenait place tous les soirs devant l’hôtel Olden, afin d’accueillir les clients de Hedi Donizetti force de flashs, avant qu’ils ne se mêlent aux habitants du lieu, au bar ou à la cave, pour former, le temps d’un verre, une équipe sympathique. Bien loin d’Hollywood, des studios d’enregistrement et des plateaux de tournage. Bien entendu, les célébrités désiraient aussi être coiffées comme il se doit et constituaient ainsi la clientèle régulière de Yannick et Olyver. Dans l’interview qui suit, ils décrivent quel chemin les a menés à Gstaad, et ils racontent, en de courtes anecdotes, comment une cloche de vache a réussi, tout à fait par hasard, à sceller pour l’éternité leur relation à la jet-set. Yannik et Olyver sont toujours là; le temps passant, la clientèle de Gstaad a changé: on s’éloigne d’Hollywood pour se rapprocher des grands noms de l’économie.
Olyver Huguet J’ai débuté par un apprentissage à Bienne. Mon maître d’apprentissage a découvert que j’étais doué et que j’avais un certain talent pour cette profession. Grâce à mes compétences, j’ai été admis à Londres à l’académie Vidal Sassoon. Là, j’ai eu la chance de rencontrer Monsieur Vidal.
Yannik Letort J’ai d’abord intégré l’école hôtelière de Paris. Puis ensuite, j’ai fait une école privée de coiffure, également à Paris. Ce qui me tenait à cœur et qui m’a tout de suite passionné! Par la suite, j’ai été recruté par Jean-Marc Maniatis. Je suis resté à ses côtés durant plusieurs années, dans son salon à la rue Marbeuf (Champs-Élysées), Paris 8e. À cette époque, une majorité des stars françaises et beaucoup de mannequins venaient dans ses salons. J’y ai rencontré Alain Delon, son fils Anthony, Mireille Darc (que j’ai revue à Gstaad), Just Jaeckin (film Emmanuelle), Anne Parillaud, Jane Birkin et ses filles, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Nicole Croisille et beaucoup d’autres. J’ai eu la chance de sympathiser avec Kent Nagano et de l’accompagner à la Salle Pleyel et à certains des opéras qu’il dirigeait musicalement. La joie également d’être invité par certaines clientes amies à beaucoup d’événements parisiens majeurs, comme le bicentenaire de la Révolution française ou la fête du centenaire de la Tour Eiffel sur la Seine. Par la suite, j’ai ouvert mon propre salon à côté du Champ-de-Mars, Paris 7e. J’y ai accueilli des personnes très sympathiques, parmi lesquelles la charmante Nadia Coma˘neci, qui a tant marqué le monde du sport! Des écrivains de l’Académie française, des hommes politiques, de jeunes acteurs, chanteurs, sculpteurs…
Olyver Par pur hasard, je me suis rendu à Gstaad en 1982. La magie de ce village m’a totalement envoûté! Avec mes diplômes de Londres, j’ai immédiatement eu un emploi chez Emil Jutzeler. Cela a entraîné une ascension professionnelle et personnelle. Par la suite, j’ai ouvert plusieurs salons avec un grand succès.
Yannik Plusieurs de mes clientes de Paris venaient à Gstaad, et c’est ainsi que j’ai été invité en 1998 par l’une d’elles et que j’ai eu un réel coup de foudre pour cet exceptionnel village avec une clientèle tellement internationale, qui le rend très agréable à vivre. Olyver m’a été présenté par un ami commun. Après quelques mois, nous avons décidé d’un commun accord que je vienne m’installer à Gstaad. J’ai pris la direction du salon du Park Hôtel Gstaad fin 1999, pour le passage au deuxième millénaire. Cela était très enthousiasmant ! Nous avions énormément d’élèves de l’école Le Rosey qui venaient se faire coiffer durant la saison d’hiver.
Olyver Par la suite, j’ai ouvert plusieurs salons à Gstaad avec un grand succès. Je dois également mon succès à mon partenaire Yannik Letort, avec qui je partage ma vie et ma passion, la coiffure. Nous ne ferons jamais de photos avec notre clientèle. Par contre, nous avons acquis une cloche de vache durant une vente aux enchères dirigée par Taki. Que faire d’une cloche en traversant le lobby du Gstaad Palace? Pas très discret en ce mois de février 2015! L’idée de Yannik était la suivante: faire signer la cloche par nos chères clientes, comme Julie Andrews, Ursula Andress, Régine (la reine de la nuit), Sylvie Vartan, Johnny Hallyday, Laeticia, Roman Polanski, Princess S. Romanoff, Princesse Astrid von Liechtenstein et d’autres.
Yannik Lors d’une soirée caritative au Gstaad Palace en 2000, nous avons acquis aux enchères une grosse cloche qui avait été, pendant plusieurs années, au cou d’une vache, et j’ai eu l’idée de nous en servir comme support de dédicaces à proposer aux personnalités que nous coiffons. L’idée a séduit l’unanimité des personnes par son originalité et son rapport avec les autres stars locales que sont les vaches gstaadoises ! Nous avons proposé de la signer à Régine (la reine de la nuit internationale) en premier. Puis sont venues les dédicaces de Yasmina Reza, Johnny Hallyday et sa femme Laeticia, Sylvie Vartan, Adriana Karembeu et tant d’autres.
Lorsque nous sommes arrivés vers Naomi Campbell avec cette grosse cloche, elle a pensé que c’était un cadeau et s’est exclamée: «Oh my God!» Comment vais-je faire pour la ramener à Londres? Elle était très heureuse d’apposer sa signature à côté de celle de Julie Andrews, qu’elle adore et qu’elle admire énormément.















































